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Micro$oft contre l'innovation


Voici divers articles.

"Microsoft perd le mind-share" par Alain Simeray du Micro Bulletin Actu.

"Une leçon de morale des affaires" par Alain simeray du Micro Bulletin Actu.

"Microsoft seul à millions, IBM joue aux indiens et nous civilisons Linux" par Alain simeray du Micro Bulletin Actu.

"La résistance à Microsoft s'organise en France" article paru sur Multimédium.

"La communauté Java en état d'alerte" article paru sur Multimédium.


"Humeur... humour" paru dans le n°14 (mai 98) de Windows NT magazine

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L'Editorial du Micro Bulletin Actu n° 88 (18/12/97)

Microsoft perd le mind-share

En 1964, Gordon Moore, alors chez Fairchild Semi-Conductor, prédisait que le nombre de transistors dans les processeurs doublerait tous les 18 mois, augmentant leur puissance dans les mêmes proportions. Depuis, Intel, que Moore a co-fondé, s'emploie à ne pas démentir ce qui est devenu la " loi de Moore ". Ses processeurs équipent plus de 95% des micro-ordinateurs dans le monde. C'est ce que l'on appelle un quasi -monopole.

Et pourtant, il n'est pas pesant comme celui de Microsoft, qui cette semaine s'est pris claque sur claque. Ce n'est pas l'arithmétique des parts de marché (market-share) qui fait l'hégémonie, mais l'attitude que le public perçoit. Ce que chez Microsoft on appelle le mind-share.

Les slogans des deux sociétés communiquent deux images bien distinctes. Intel labellise les ordinateurs en certifiant le " Pentium Inside ". Il est bien à l'intérieur, à l'intérieur de la loi de Moore qui guide l'industrie micro comme un commandement divin, jusqu'aux années 2010, au moins. Dans un monde turbulent, c'est rassurant.

Le slogan de Microsoft " jusqu'où irez-vous ? " est d'une autre saveur, lorsqu'on s'aperçoit qu'aujourd'hui Microsoft propose un système d'exploitation, des logiciels d'applications, des jeux, du contenu en ligne avec Slate ou hors ligne avec les CD-Rom (Encarta...), un service en ligne avec MSN, de l'actualité avec MSNBC. A cela s'ajoute la tentation de mettre un pied dans la télévision interactive, la diffusion par satellite...

Le slogan résonne alors différemment dans la tête pour devenir : " jusqu'où ira Microsoft ? ". Les esprits sont prêts à recevoir favorablement la tentative d'arrêt du juge Jackson. Cela paraît tout à fait normal, au point que maintenant, dix états américains envisagent de se grouper pour accentuer l'action.

Dans ce contexte, l'incidence technique pouvant retarder ou non la sortie de Windows 98, n'a que peu d'importance. Microsoft a déjà perdu des parts d'esprits.

Alain Simeray

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L'Editorial du Micro Bulletin Actu n° 110 (20/05/98)

Une leçon de morale des affaires

Encore ! pensent certains, la justice s'acharne sur le numéro un du logiciel.
Enfin ! pensent d'autres, voyant déjà Microsoft condamné au pire... comme, par exemple, à installer Netscape avec Windows 98.

C'est ce " pire " que la justice à proposé ce week-end lors des négociations de dernière minute avant actions. C'est ce que Gates a refusé vertement. Gates a comparé ce qu'on lui demandait au fait de livrer du Pepsi dans des packs de Coca. La comparaison est révélatrice de la confusion des genres. Imaginez une chaîne de supermarché qui ne propose qu'une seule marque de produits, les siens, en expliquant aux clients que ces produits sont les meilleurs, alors que les linéaires pourraient tout à fait accueillir d'autres produits. Imaginez en outre que ces supermarchés soient les plus répandus sur le territoire...

Quelle perspective désolante ! Dans sa réponse, Gates mélange le supermarché (Windows) et le produit (Explorer ou Netscape). Il confirme par là même qu'il joue sur deux tableaux : la distribution et les produits. C'est justement ce qui lui est reproché, en violation du Sherman Act, qui en son temps avait servi à trancher l'empire Rockefeller. Dans sa lettre aux clients, Gates clame : " sans la capacité de créer et d'améliorer dans de nouveaux produits, aucune entreprise de nouvelle technologie ne peut survivre et les consommateurs partout en pâtiront. "

En clair, seul Microsoft est capable de faire le bien des consommateurs. Et Microsoft fait le bien des consommateurs puisque ses produits dominent le marché. C'est une rhétorique de dictateurs qui, seuls candidats à leur succession, se gargarisent de leurs 99% de voix favorables. Bill Gates se comporte comme s'il avait grillé ses fusibles. Dans ces circonstances, compte tenu du pouvoir qu'il représente, ces deux nouvelles actions de la justice sont saines.

On notera en outre que le gouvernement américain et les vingt Etats engagés n'hésitent pas à s'attaquer à l'un des (réels) fleurons de leur industrie. Dans un pays connu comme un modèle capitaliste, c'est une intéressante leçon, à la fois de libéralisme et de morale.

Alain Simeray

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L'Editorial du Micro Bulletin Actu n° 115 (24/06/98)

Microsoft seul à millions, IBM joue aux indiens et nous civilisons Linux

Microsoft a le sens du spectacle. Dès que l'on se lasse des subtilités de procédure, telles que la levée de l'injonction préliminaire concernant le bundle Explorer/Windows 95 (la semaine de la sortie de Windows98, ce n'est pas d'un grand intérêt), il se passe quelque chose. Voilà que la SPA, Software Publishing Association, (alias chasseur de copieur-de-logiciel-en-entreprise aux méthodes musclées) s'en prend à Microsoft, l'un des ses honorables membres. Dans le document publié, qui a tout d'un réquisitoire en règle, elle alerte les autorités sur le fait suivant : MS utilise sa position dominante dans le système pour ordinateur de bureau pour éliminer toute concurrence dans le système pour serveur. Alors que Windows 98 sortait ce mercredi, c'est Windows NT qui entre dans la ligne de mire. C'est un raisonnement du même ordre appliqué à l'Internet, en violation du fameux Sherman Act, qu'avait tenu le ministère de la justice (DOJ en Vo) pour sa dernière plainte en date. Le ministère envisageait alors une telle action à propos de Windows NT.

La SPA apporte donc de l'eau à son moulin d'une manière des plus détaillée. Que les autorités ainsi sollicitées donnent suite ou non, n'est pas d'une importance fondamentale. C'est une partie de l'industrie du logiciel, collectivement et durement, qui lâche le numéro Un du logiciel. Elle lui retire un argument de poids dans sa défense contre le DOJ. Microsoft ne peut plus se placer comme le fer de lance d'une industrie qui s'en détache. Voilà donc Microsoft de plus en plus seul, seul avec ses dizaines de millions de clients ! Et justement, toujours cette même semaine, IBM intègre le serveur Apache, modèle des logiciels libres avec Linux, dans son offre serveur. Il lui confère un label on ne plus sérieux, ouvrant les portes de l'entreprise à un modèle de développement et à des logiciels qui, il y a encore quelques mois, faisaient frémir d'horreur les responsables informatiques. Comme une heureuse coïncidence, nous venons d'éditer un numéro spécial de notre revue papier LMB avec un CD Rom qui contient la version 5.0 de Redhat Linux et une palette d'applicatifs tels que Star Office, Gimp, Postgressql, Apache... préconfiguré pour une installation simple par le commun des mortel. Pour paraphraser une slogan connu, nous contribuons à civiliser Linux.

Alain Simeray

Le document de la SPA : http://www.spa.org/gvmnt/comp/servcomp.pdf
IBM intègre Apache : http://www.ibm.com/News/1998/06/223.phtml
Le CD-Rom Linux dans LMB : http://www.lmb.cnrs.fr/LMB.html

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La résistance à Microsoft s'organise en France.

Paris ( 4 mars 1998) ­ Au moment où Bill Gates doit répondre à un feu nourri de critiques en Amérique, la résistance contre le flirt du gouvernement français avec Microsoft s'organise outre-Atlantique. Un forum de discussion consacrée aux logiciels libres vient de naître et une conférence-débat sur ce thème aura lieu dans le cadre de la Fête de l'Internet.

Le forum de discussion modéré "fr.comp.applications.libres" est né le 14 janvier à l'Université Louis Pasteur de Strasbourg. Il a pour buts « d'aider toute personne intéressée à définir et développer une argumentation visant à faire adopter le logiciel libre dans son environnement de travail » et de « tenir informés les utilisateurs des produits arrivés à maturité selon des critères "professionnels" », ceux-ci échappant parfois aux développeurs ou aux étudiants en informatique.

La conférence-débat « Logiciels libres : enjeux économiques » aura lieu le 20 mars prochain à la Maison de la Mutualité, en plein Paris. Une douzaine de conférenciers sont invités, dont Gilles Kahn, directeur scientifique de l'INRIA, Dominique Chatelain, directeur général de Netscape France et Bob Young, président de Red Hat Software, qui commercialise une célèbre version du système d'exploitation Linux.

L'allocution d'ouverture sera prononcée par Bruno Oudet, président du chapitre français de l'Internet Society (ISOC), et Jean-Claude Guédon, professeur de littérature comparé à l'Université de Montréal et ardent partisan de Linux, participera à une table ronde sur le thème « Logiciels libres et logiciels commerciaux: différences, opposition, complémentarité »

Le responsable scientifique de cette conférence n'est nul autre que Bernard Lang, un chercheur de l'INRIA, qui tient à jour sur le Web une liste des ressources libres fort intéressante. On y trouve notamment des banc d'essais et comparaisons des logiciels libres et des logiciels commerciaux, des exemples d'utilisation des logiciels libres, notamment Linux, dans divers secteurs de l'économie, des pointeurs vers des documents sur certaines pratiques commerciales discutables, où Microsoft et la Business Software Alliance (BSA) en prennent pour leur rhume...

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La communauté Java en état d'alerte.

San Jose ( 6 mars 1998) ­ Microsoft s'apprêterait à sortir une nouvelle version de Visual J++, son logiciel de développement Java pour Windows, contenant une version modifiée du langage de programmation Java et compromettant ainsi son interopérabilité sur les plateformes non-Windows.

La nouvelle a été publiée mardi dernier dans le San Jose Mercury News alors qu'une présentation du logiciel venait d'avoir lieu devant un groupe test de développeurs.

Avec cette nouvelle version, d'après le quotidien californien, Microsoft voudrait inciter les programmeurs développant des application Windows pour intranets en langage C++ à utiliser Java. Pour ce faire, elle mettrait à leur disposition de nouvelles librairies de classes permettant d'assembler rapidement des blocs de codes accédant aux ressources du système d'exploitation Windows. Mais cela impliquerait l'ajout au langage de deux nouvelles commandes non reconnues par les autres systèmes d'exploitation.

Un observateur cité par le Mercury News se demandait si Microsoft cherche vraiment à offrir une meilleure plateforme Java pour les développeurs d'applications sous Windows ou si elle cherche à retirer Java des mains de Sun Microsystems, qui a inventé ce langage et la poursuit actuellement en justice.

Rick Ross, l'animateur du Java Lobby, un groupe de pression représentant les intérêts des développeurs et utilisateurs de Java, a vivement réagi dès le lendemain: «  J'espère que chacun d'entre nous prendra le temps d'analyser ce coup en pleine lumière, et réalisera que Microsoft s'éloigne de plus en plus de la pertinence souhaitée par la vraie communauté des développeurs Java. Leurs outils peuvent bien convenir à ceux qui fabriquent des applications uniquement Windows, mais c'est là l'antithèse de l'objectif "écrivez une fois, exécutez n'importe où" que notre groupe endosse collectivement. »

PCWeek Online confirmait la nouvelle ce matin en indiquant que Microsoft avait refusé de la commenter. Finalement, News.Com reprenait l'affaire à 18h55 ce soir après avoir parlé à des représentants de la compagnie qui démentent tout changement apporté au code de Java. L'avenir nous dira peut-être ce qu'il en est vraiment, à moins que Microsoft ait tâté le terrain et tiré la leçon de ces réactions négatives... pour l'instant. L'autre explication serait que toute cette histoire ait été montée de toute pièce. À titre d'avertissement, ou pour égratigner un peu plus l'image de la compagnie.

Bigre ! Ne trouvez-vous pas que l'informatique se rapproche de plus en plus de la politique ?

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Humeur... humour

Lors d'un récent Comdex, Bill Gates a repris la comparaison entre l'industrie informatique et l'industrie automobile en soulignant le fait que si celle-ci avait suivi la même progression que celle-là, nous disposerions de Rolls coûtant moins de cent francs, roulant à huit cents km heures en consommant deux dés à coudre d'essence au cent km...

La réplique ne s'est pas fait attendre. GM a répondu qu'aucun constructeur automobile ne pouvait se permettre de construire des voitures qui se crashent deux fois par semaine et que si Microsoft construisait des automobiles...

Il nous faudrait accepter de conduire des voitures en Béta test c'est à dire en état futur d'achèvement, les freins, le moteur, la consommation étant peu à peu améliorés par les versions successives. Nous devrions changer de véhicule autant de fois que l'on changerait la signalisation. Nous devrions accepter que notre véhicule s'arrête sans raison, n'importe où, nous demande de redémarrer et accepte éventuellement de le faire. Nous devrions admettre de changer de moteur en cas de panne. Nous n'aurions qu'un seul siège dans notre voiture et pour transporter plusieurs personnes, nous serions obligés d'acheter de nouveaux sièges chez Microsoft.

Nous serions désolés de constater qu'à côté de nous, les voitures Macintosh continuent de fonctionner à l'énergie solaire, que le mot panne n'existe pas dans leur manuel d'entretien, qu'elles nous doublent systématiquement sur l'autoroute, qu'elles sont faciles à conduire et n'occupent que 5% des routes.

Nous n'aurions plus qu'un seul voyant annonçant " Panne Générale ", au lieu des indicateurs d'huile, de pneus, de freins, de lampes, de température... nous contraignant à nous arrêter pour des raisons insignifiantes. Les sièges n'accepteraient qu'une seule morphologie de conducteur. L'airbag serait fourni avec des boutons OK ou CANCEL que nous aurions à activer avant déclenchement. La radio stéréo ne pourrait recevoir qu'une seule fréquence " Microsoft FM ". Pour activer la clim, nous devrions nous arrêter, activer la clim, attendre trois minutes et redémarrer. Pour tourner dans la bonne direction, nous devrions préalablement monter des pneus Microsoft 2,0.V4.

Nous aurions cependant une consolation... Au cas où nous ne pourrions pas nous payer une voiture nous pourrions toujours emprunter celle d'un copain... et la copier.

ZORG

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