Made with MacOS - Apple

Le Monde : page 4/6


L'acharnement médiatique contre Apple


Vous trouverez ici l'article du Monde du 16/01/98 dans son intégralité (écrit en noir, les paragraphes étant précédés du signe: > ) et ma réponse à l'auteur (en bleu).


La chute du Monde, ou la pathétique réutilisation de titres racoleurs digne des plus belles perles d'une certaine presse à scandale.

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La chute d'Apple, ou la pathétique agonie de la marque à la pomme

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Le Mac peut craindre le syndrome Betamax : un produit meilleur que ses concurrents, mais qui a pourtant disparu

Une fois de plus (voir "L'Agonie d'Apple" dans Le Point n°1312 du 8/11/97) l'annonce de la mort imminente d'Apple, grand classique journalistique depuis plus de 15 ans, vient de ressortir dans cette presse dont on peut se demander si, en définitive, ce thème récurrent et "racoleur" ne sert pas, à relancer les ventes lorsque celles-ci sont en chute libre. Une chose est certaine, heureusement (dommage diront certains) que le ridicule ne tue pas...

Mais reprenons point par point votre "papier" :

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Le Macintosh ne disparaît pas. L'ordinateur mythique d'Apple se banalise. Toujours négative, cette tendance risque d'être fatale pour Apple. L'annonce d'un bénéfice de 45 millions de dollars ne change rien à l'affaire.

Pour votre information ce n'est pas 45, mais 47 millions de dollars de bénéfice qui ont été réalisés par Apple pour son premier trimestre fiscal 98.

A savoir également, par exemple, que les ventes d'Apple en Europe ont progressé de 47 % durant le premier trimestre fiscal pour atteindre 415 millions de dollars.

Mais peu importe, alors que les chiffres sont là pour prouver qu'Apple, après une période noire j'en conviens, est en train de revenir dans le peloton de tête des constructeurs informatique, Le Monde, ne craignant pas le ridicule, persiste à parler d'agonie.

Plus grave, je prétends qu'avec ce genre d'article, magnifique contre-exemple à la déontologie journalistique, Le Monde nuit à Apple en désinformant ses futurs clients potentiels. Mais peut être est ce tout simplement là le but inavoué.

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Plusieurs observateurs commencent à évoquer le « syndrome Betamax », l'histoire d'un format de vidéocassette supérieur à son concurrent, le VHS, et qui a pourtant disparu.

Ce qui est dommage dans ce type de papier, c'est que l'on "oublie" toujours de citer le nom des "observateurs" pour le moins partiaux, grands prédicateurs de la mort d'Apple.

Mais peut être ces derniers refusent ils tout simplement de voir leur nom figurer vu les déboires systématiques qu'ont subit leur confrères depuis plus de 15 ans sur ce genre de pronostic concernant Apple.

Enfin comment peut on comparer un format d'enregistrement de vidéocassette avec une société qui vient de réaliser un CA trimestriel de (excusez du peu) 1,6 milliard de dollars.

Et quand bien même, Apple existe maintenant depuis plus de 20 ans, le parc installé de Macintosh est estimé à 22 millions, et les utilisateurs quant à eux sont plus de 70 millions, toutes choses qui n'ont strictement rien à voir avec ce qu'a pu être le Betamax, vis à vis du VHS (lequel est d'ailleurs promis à une fin certaine avec l'avènement du DVD réinscriptible).

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Le Mac subira t'il le même sort ? Le soutien inconditionnel de ses adeptes, s'il accentue le pathétique de la situation, ne peut masquer la dure réalité. La part de marché d'Apple est tombée à 3,3 % à l'automne 1997, contre 5,5 % un an auparavant. L'entreprise a enregistré 1,8 milliard de dollars de pertes (environ 11 milliards de francs) au cours de ses deux derniers exercices.

Personne ne contestera qu'Apple n'a pas été au mieux de sa forme en 1997, ce qui est pathétique par contre c'est cette presse qui s'ingénie à vouloir enterrer vivants les convalescents.

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Depuis son lancement, en 1984, le Mac tire en effet l'essentiel de sa séduction de son originalité, en un mot de sa différence avec son ennemi de toujours, le PC, longtemps appelé « compatible IBM ». Or, depuis la commercialisation, par Microsoft, de Windows 95, les atouts de l'enfant chéri de Steve Jobs, co-fondateur d'Apple, en 1976, se réduisent comme peu de chagrin.

Au risque de vous décevoir, et expérience quotidienne d'informaticien à l'appui, Windows 95, quoiqu'en dise la presse grand public, a encore 10 années de retard sur MacOS (en version 8.1 aujourd'hui). Je vous invite d'ailleurs sur ce point à lire l'enquête du Gistics "Return on Investment" que vous trouverez en pièce jointe.

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En grande partie parce que Bill Gates, le patron de Microsoft, a eu l'astuce d'intégrer dans son propre système d'exploitation l'essentiel des trouvailles de son concurrent, de la souris aux « fenêtres » en passant par les « icônes » et, même la « poubelle ».

"L'astuce" dites vous ? On croit rêver...

Pour ma part je parlerai plutôt de pillage et de scandaleux plagiat, toutes choses dont Micro$oft aujourd'hui s'est fait le champion.

Je vous invite d'ailleurs à ce propos à relire les articles édifiants du Monde Diplomatique "Microsoft, monopole du prochain siècle" (nov 97), et du Nouvel Economiste "Faut-il haïr Bill Gates" (déc 97), que vous trouverez également en pièces jointes.

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Même si cet hommage muet est rendu avec près de dix ans de retard, il se produit au moment où les ventes d'ordinateurs familiaux explosent. Microsoft, Intel et les vendeurs de machines sous Windows en profitent plus qu'Apple.

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L'avance technologique des Mac, même si elle persiste en matière de simplicité d'emploi et de convivialité, ne fait plus partie du coeur du débat sur la pérennité de la firme de Cupertino. Apple doit une bonne part de ses difficultés à un orgueil mâtiné d'arrogance. Une forte personnalité qui l'a conduite à multiplier les erreurs stratégiques dont ses concurrents, plus prosaïque et réalistes, ont profité.

Certes, il y a eu des erreurs, mais quelle société n'en a pas faites ?!

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Apple doit se battre simultanément sur le front du matériel et sur celui du logiciel. Une situation unique dans l'industrie de la micro-informatique qui la contraint à maîtriser au moins trois métiers : la fabrication d'ordinateurs de bureau et de portables, l'édition de système d'exploitation (MacOS) et le développement de microprocesseurs (PowerPC et G3 avec Motorola et IBM). S'y ajoutent les périphériques (écrans, imprimantes...) et les innovations dans les assistants numériques (Newton) ou les ordinateurs pour écoliers (eMate).

Force est de constater qu'Apple s'en sort très bien, puisque vous même reconnaissez que le Macintosh conserve son avance technologique.

Mais Apple n'est pas seule. Outre IBM et Motorola pour la fabrication des puces PowerPC, Apple avec Sony pour les écrans, Canon et Hewlett Packard pour les imprimantes, joue le rôle d'intégrateur.

Sun (avec Java), et bien d'autres sociétés encore renforcent cette synergie.

N.B: "PowerPC et G3" ne veut donc strictement rien dire. En effet G3 désigne la troisième génération des microprocesseurs de la famille PowerPC.

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Dans le monde PC, couvrir l'essentiel d'un tel champ d'action impose d'affronter, au minimum, Compaq (ordinateurs de bureau), Toshiba (portables), Microsoft et Intel... Comment rester à la pointe de la technologie face à autant de spécialistes ?

Comme je le disais plus haut, Apple est loin d'être seule.

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Dans l'ivresse de l'époque où elle faisait fortune, Apple a commis une erreur en négligeant la seule solution qui aurait permis d'alléger sa charge : la production sous licence des Macintosh, c'est à dire la fabrication de machines identiques, mais construites et vendues par d'autres entreprises.

"Seule solution" : quel raccourci !
Voilà une analyse économique finement menée ou je ne m'y connais pas, bravo ! >;->

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John Sculley, le PDG qui a remplacé Steve Jobs à la tête de l'entreprise dès 1984, a rejeté cette stratégie. La prolifération des clones ou « compatibles Mac » aurait pourtant donné au système d'exploitation d'Apple les moyens de rivaliser avec celui de Microsoft.

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Par ailleurs, sur le plan financier, ce procédé multiplie les volumes de ventes et divise les frais de recherche et développement, de commercialisation et de distribution, ainsi que les coûts d'approvisionnement en composants.

Vraiment la profondeur de cet article m'impressionne, de plus en plus >;->

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Au contraire, John Sculley, ex-directeur de Pepsi-Cola, s'est laissé griser par le vertige technologique. Le Newton, assistant numérique personnel, l'a entraîné dans sa chute. Michael Spindler, qui le remplace en 1993, donne enfin le feu vert pour la fabrication des « clones » à la mi-1994. Mais quatre licences seulement sont accordées à des entreprises sans envergure, de peur de concurrencer la maison mère. Gilbert Amelio, transfuge de National Semiconducteur, succède à Michael Spindler début 1996, et il est rejoint avant la fin de cette année par... Steve Jobs, qui réapparaît comme conseiller de la direction dans l'entreprise qu'il a créée vingt ans plus tôt.

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Aussitôt, c'est l'exode. En février, Marco Landi, vice-président, démissionne. En mars, Apple supprime le tiers de ses effectifs. En juillet, Gilbert Amélio quitte ses fonctions, et Steve Jobs reste seul maître à bord, même s'il refuse le siège de PDG. L'entreprise se retrouve ainsi sans capitaine, ce qui n'empêche pas son fondateur de prendre des décisions. Le 6 août, il s'associe à son ennemi juré, Bill Gates, qui lui apporte 150 millions de dollars. Stupeur chez les intégristes de la marque.

Je parlerai ici d'une saine restructuration et qui commence à faire ses preuves puisque Apple vient d'annoncer des bénéfices (voir supra).

Quant à parler d'intégrisme, je vous ramènerai aux méthodes Crimo$oft très bien décrites dans "Le dilemme de la start-up" de l'article du Nouvel Economiste (voir supra).

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Le 2 septembre, Apple rachète Power Computing, l'un de ses principaux cloneurs, et met fin à sa politique de licence au moment où Motorola s'y engageait résolument. Lancée trop tard, cette stratégie avait pour seul résultat de cannibaliser les ventes de Mac originaux.

Je vous signale que Umax, le géant taiwanais, fabrique toujours des clones Macintosh.

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Le problème de fond d'Apple ne réside pas dans la qualité de ses produits, qui n'a pas empêché la part de marché de l'entreprise de fondre. Si l'entreprise de Cupertino sombre, c'est par manque de sensibilité aux évolutions de son marché, et défaut de stabilité dans son management. Elle a changé cinq fois de PDG lorsque ses concurrentes, Microsoft et Intel, restaient dirigées par les mêmes hommes, Bill Gates et Andy Grove.

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Leurs réactions à l'explosion d'Internet ou à l'apparition de l'ordinateur de réseau ont démontré leur aptitude au changement presque instantané de stratégie. De même, Compaq n'a guère tardé à engager le combat sur le créneau des ordinateurs à moins de 1000 dollars (6000 francs), dès que sa position de numéro un mondial a été menacée.

Faux !

C'est bien vite oublier que Bill Gates a complètement raté le coche de l'Internet, allant même jusqu'à écrire dans la première édition d'un ouvrage (qu'il s'est empressé depuis de corriger) qu'il ne voyait pas un grand avenir dans l'Internet.

Il tente aujourd'hui de rattraper son retard en utilisant des méthodes anti-concurrentielles, lesquelles font d'ailleurs actuellement l'objet de poursuites judiciaires de la part de grandes sociétés et de 10 états Américains.

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Pendant ce temps, Steve Jobs s'attache à réduire son temps de trajet entre les sièges des deux entreprises qu'il dirige, Pixar Animation Studios (producteur du film Toy Story) et Apple. Selon le magazine Wired, il a convaincu la municipalité de Richmond de construire un héliport. Après l'achat d'un hélicoptère, il mettra vingt-cinq minutes au lieu de deux heures pour franchir la centaine de kilomètres qui séparent ses deux lieux de travail. Ce temps aussi précieux que coûteux lui sera utile pour trouver l'idée de génie qui peut éviter à Apple de succomber à l'impitoyable loi de la gravité.

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Michel Alberganti

Bravo, quelle magnifique conclusion !

Voici la mienne :

Outre le fait qu'Apple, ne vous en déplaise, n'est toujours pas à l'agonie, vous désinformez votre lectorat en mentant par omission et en oubliant de lui dire :

* qu'Apple est actuellement en train de mettre la dernière main à ce qui sera à terme LE système d'exploitation multi plate-forme, supplantant Windows (toute versions confondues) : j'ai nommé Rhapsody.

* que l'avenir du couple wintel est fortement compromis, et ceci pour les raisons suivantes :

Raisons matérielles :

- Les Pentiums, outre les nombreux bugs (1) qui émaillent ses évolutions, sont actuellement en phase "d'acharnement thérapeutique" et promis à une fin proche. Il faut savoir qu'à fréquence égale le PowerPC G3 750 consomme 7 fois d'énergie et est trois fois plus petit que le Pentium II, tout en surclassant complètement ce dernier. C'est dire le décalage technologique qui existe et s'accroît jour après jour entre les Macintosh et les PC.

Intel et Hewlett Packard travaillent d'ailleurs sur "Merced" une nouvelle puce RISC/CISC destinée à remplacer les Pentiums, mais IBM et Motorola avec le PowerPC possèdent plusieurs années d'avance dans ce domaine (ils en sont actuellement à la 4 ème génération des puces de ce type !).

- IBM et Motorola, contrairement à Intel, maîtrisent aujourd'hui la technologie (2) utilisant le cuivre (bien meilleur conducteur) à la place de l'aluminium pour graver les puces. Cette technologie leur donne un avantage supplémentaire dans la miniaturisation des transistors, laquelle entraîne des dissipations thermiques plus faibles, un plus grand nombre possible de transistors sur une même puce et des fréquences d'horloge plus élevées, en définitive des microprocesseurs incomparablement plus puissants et avec un fort potentiel évolutif.

1: Rappelez vous le bug qui provoquait des erreurs dans les calculs effectués par le Pentium. Mieux le dernier en date, référencé "F0", affecte aujourd'hui des millions de puces et provoque le gel complet du Pentium dans son fonctionnement. Intel = Bug-Inside !

2: Baptisée CMOS 7S chez IBM, et Dual-Inlaid Metallization chez Motorola.

Raisons logicielles :

- C'est officiel : Windows 98 (qui ne sera en fait qu'une simple version de Windows 95 débuggée (ou moins buggée)) est non seulement une fois de plus retardé (grande classique Micro$oft) mais sera la dernière version. Après les utilisateurs de PC devront acheter Windows NT (lequel est encore bien buggé, et je dirai même de manière honteuse pour un OS qui se dit professionnel), quitte à changer une fois de plus de configuration si celle qu'ils possèdent est insuffisante.

- Si Windows NT 4.0 est toujours bien buggé, Windows NT 5.0 (3) quant à lui n'est pas prévu avant 1999 (traduisez 2000, voir 2001, par rapport aux déplorables habitudes de Microsoft qui a une fâcheuse tendance à prendre ses clients pour des gogos).

- De plus en plus d'utilisateurs de PC, excédés par les nombreux bugs de leur OS, finissent par remplacer Windows par Linux (Unix gratuit bénéficiant aujourd'hui de toute la synergie de l'Internet pour ses évolutions et son expansion).

- Mis au point par Sun, Java, autre windows-killer, en permettant d'implémenter le concept novateur de "machine virtuelle" remet complètement en cause l'emprise de Microsoft sur la micro-informatique.

- Sous prétexte de vouloir à tout prix gagner la course aux navigateurs face à Netscape, Microsoft en intégrant son navigateur à l'interface de Windows 98, sans s'en rendre compte, est purement et simplement en train de se fourvoyer. L'interface des navigateurs, si elle est bien adaptée à une utilisation sur le web, se prête par contre très mal à une utilisation classique "hors ligne". De plus en alourdissant inutilement l'interface elle diminue considérablement sa réactivité.

- Le passage du parc logiciel PC sur Merced est loin d'être gagné, et vu ce qui s'est toujours passé jusqu'à présent dans le monde Micro$oft, il y a fort à parier que ce parc sera tout simplement à changer, et ceci bien sûr au prix fort, marché captif oblige !

- En face vous avez Rhapsody le nouvel OS d'Apple prévu pour cette année, un concurrent redoutable : multitâche préemptif, multi-utilisateurs, et multi-processeur symétrique (ce dont Windows NT est bien incapable).

Rhapsody est basé sur un noyau Unix (grand standard s'il en est) Mach (lignée BSD) et son architecture logicielle est issue d'une conception objet permettant une évolutivité maximale. C'est bien simple Rhapsody est aujourd'hui l'OS le plus moderne de la planète.

Rhapsody, grâce à sa Blue Box, fera tourner 99% des logiciels MacOS actuels. De plus dès aujourd'hui, tout le parc logiciel OpenStep (NeXT) tourne après simple recompilation dans la Yellow Box de Rhapsody.

Par ailleurs Rhapsody est multi plate-forme capable notamment de tourner sur Intel. Une application conçue pour Rhapsody sera capable de tourner sur 100 % du parc informatique, et ceci croyez moi va attirer les développeurs du monde entier...

3: Anthony Moillic, président de l'association française des utilisateurs de Windows NT (alias French Windows NT User Group) : " Créer des effets d'annonce pour provoquer l'attente des utilisateurs et tenter de bloquer le marché avec des séries de versions bêta ou finales inachevées est une pratique courante, mais cela commence à devenir insupportable pour les utilisateurs, qui ont de plus en plus l'impression de payer pour être des cobayes ! "

Raisons politiques :

- Microsoft est sur le point de tomber sous le coup des lois anti-trust américaines. De plus en plus de constructeurs et même d'états américains sont en procès avec le "géant". L'Europe aujourd'hui se penche également de très près sur les méthodes anti-concurrentielles employées par Microsoft.

H.F, le 22 janv 98


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